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Flower Power

Du 15 février au 14 avril
Exposition au musée de Gajac

Exposition Silvia Calmejane à VilleneuveSilvia Calmejane avec son exposition "Flower Power" ouvre la saison 2019 du Musée de Gajac avec un message humaniste. . Née dans la même décennie que le mouvement pacifiste qui rendit l’espoir à une génération meurtrie par la guerre du Vietnam, Silvia Calmejane a donné le titre évocateur « Flower Power » à l’exposition qui fait écho à son travail actuel. Farouchement résolue à transmettre des messages universels de paix, de tolérance, d’amour, d’espoir, elle imagine des oeuvres qui témoignent toutes de son aspiration à voir l’humanité enfin changer.

Ancienne publicitaire, elle se revendique comme une artiste libre. Libre de délivrer ses propres textes d’accroche, qu’elle emprunte à de grands hommes tels que Martin Luther King, Gandhi,Nelson Mandela...

Le plaisir et le jeu sont les moteurs de sa création : harmoniser les couleurs traitées à la peinture,aux pastels, aux feutres, ramener des morceaux d’affiches déchirées qui prennent la forme d’un oiseau insolite, d’un visage envoûtant, s’amuser avec son écriture-miroir innée. Le support mixte utilisé, bois et plexiglas, donne à son travail une double lecture, une profondeur saisissante, une lumière intense.
Son univers est aussi luxuriant et florissant que ses femmes réconciliées avec une nature magique. Des œuvres sensibles qui nous interpellent autant qu’elles nous apaisent.


COMMISSARIAT D'EXPOSITION
- Musée de Gajac
- Silvia Calmejane


VISITES COMMENTÉES

- Le mercredi 27 février 2019 dans le cadre des "Nouveaux Rendez-vous de Gajac", par Marlyse Courrech.

- Sur rendez-vous. Tarif entrée : Tarif plein : 5 € - Tarif réduit : 3 €

- Accueil des établissements scolaires, de la maternelle au lycée, et des centres de loisirs sur RDV. / Gratuit. Chantal Borredon – Médiatrice jeune public.

- Accueil des publics adultes et spécifiques. Maria Bonville – Médiatrice.


Dreamland. Technique mixte. Peinture acrylique, pastels, feutres sur bois. Châssis métal.   © Fabrice Micheaudeau/Goodluz
Dreamland. Technique mixte. Peinture acrylique, pastels, feutres sur bois. Châssis métal.
 © Fabrice Micheaudeau/Goodluz




Entretien réalisé le 15 janvier 2019 par Chantal Borredon, Médiatrice jeune public au Musée de Gajac.

Silvia Calmejane dans son atelier © Fabrice Micheaudeau/Goodluz
Silvia Calmejane dans son atelier - © Fabrice Micheaudeau/Goodluz


Chantal Borredon - Votre travail fait référence à la nature morte, mais l'idée de "vanité" (fragilité de la vie, vanité humaine...) est-elle sous-entendue ?

Silvia Calmejane - La présence de la nature dans mes oeuvres interroge sur notre présence au monde et notre devenir si nous ne prenons pas conscience de son rôle essentiel dans nos vies.
Cette nature est souvent florissante et sauvage, peuplée de fleurs, d’oiseaux et de corps noirs en harmonie avec une féminité libérée de toutes empreintes sociétales. Elle symbolise une communion parfaite, sensuelle entre la nature et cette femme, qui les amène dans un respect mutuel, à révéler leur nature propre.
Cette représentation évoque également le rapport au temps, les vertus d’un équilibre et oui, la fragilité de la vie, l’attachement des hommes au matériel et la nécessité de savoir s’en éloigner pour retrouver l’essence même de son être. Je n’avais pas la "vanité" en tête mais c’est une interprétation que l’on peut intégrer.

C.B - Pourquoi le choix de personnages de couleur ?

SILVIA CALMEJANE Exposition Flower Power à VilleneuveS.C - On m’a souvent posé cette question sur mon choix de peindre des hommes et des femmes de couleur. En fait c’était une évidence.
Il y a 2 raisons :
La première pour des raisons purement esthétiques, j’ai toujours trouvé plus intéressant de peindre des corps noirs pour la diversité d'une palette de couleurs. C’était déjà vrai lors de mes cours de modèle vivant en peinture à l’huile.
La seconde pour la richesse des messages induits dans la représentation d’une personne noire et son histoire: esclavagisme, racisme, injustice, combats pour la liberté, révolte, humiliation autant de thèmes portés par de grands hommes devenus des symboles de paix et d’humanité.

C.B - La nudité exprime-t-elle la liberté (sexuelle ou pas), un retour aux origines, une forme d'innocence ?

S.C - La nudité est une volonté de ne pas se cacher, se montrer tel que l’on est sans habits qui renvoient à une catégorie sociale. Une affirmation de soi, libéré du regard des autres. Une statue de la liberté vivante. Montrer la beauté d’un corps et d’un esprit en connexion avec la nature mère.

C.B - Le végétal est au coeur de votre création mais souvent sous la forme de la répétition d'un motif qui tend vers l'abstraction, comme ceux que l'on peut voir dans certaines oeuvres de Klimt. Motif qui pourrait être utilisé dans les arts décoratifs. Êtes-vous d'accord ?

S.C - Pour le végétal j’ai renoué avec mon histoire familiale, un grand père paysagiste et une entreprise de décoration florale démarrée dans les années 30. Mon univers floral est divers selon mes inspirations. Je ne le veux pas réel mais ancré dans l’imaginaire. Les fleurs et plantes exotiques sont dominantes dans ma production. J’ai effectivement cette année 2018, sur 3 de mes oeuvres, tenté une incursion suite à l’exposition à l’Atelier des Lumières, dans l’univers de Klimt que j’admire. Ces oeuvres sont sorties toutes seules comme une urgence à exprimer ce que j’avais ressenti. Les motifs peuvent donc être associés aux arts décoratifs.

C.B - Revendiquez-vous une influence du Douanier Rousseau pour certaines de vos oeuvres et de Basquiat pour d'autres ?

S.C - L'oeuvre du Douanier Rousseau a effectivement influencé le tableau THE DREAM  qui sera exposé au musée. Un clin d’oeil, une interprétation, mais c’est la seule qui fait référence à cet artiste. Je m’amuse également à réinterpréter des oeuvres d'autres grands artistes tels que Matisse ou Picasso.
Pour Basquiat le rapprochement a été fait alors que je travaillais encore à l’huile, il y a plus de 15 ans et j’ai donc découvert cet artiste avec lequel j'ai effectivement été immédiatement en osmose. Je viens de la publicité et j’ai toujours associé les mots à l’image. J’arrive à me soustraire aux mots dans mon axe « féminin » plus spirituel. L’axe masculin est plus matériel et j’ai encore besoin de l’écriture pour souligner ma démarche. Les symboles, les messages véhiculés, les morceaux d’affiches 4X3 arrachés sur les murs parisiens ont toujours un sens personnel à travers une démarche plus universelle.

C.B - Etes-vous autodidacte ?

S.C - Je suis autodidacte malgré deux années de cours de dessin de modèles vivants et une année de cours de peinture à l’huile. Le dessin et les mots ont toujours fait partie de ma vie sans penser qu’un jour j’en vivrais.



Power of Love. Technique mixte. Peinture acrylique, pastels, feutres sur bois. Châssis métal. © Fabrice Michaudeau/Goodluz
Power of Love. Technique mixte. Peinture acrylique, pastels, feutres sur bois.
Châssis métal. © Fabrice Michaudeau/Goodluz


Dernière modification : jeudi 21 février 2019